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Comme l'eau des étangs...

Sue Townsend, LA FEMME QUI DECIDA DE PASSER UNE ANNEE AU LIT.

19 Mai 2015, 12:23pm

Publié par Nathalie M.

Sue Townsend, LA FEMME QUI DECIDA DE PASSER UNE ANNEE AU LIT.

J'ai beaucoup beaucoup aimé ce roman, que j'ai dévoré d'un trait. Il commence ainsi :

"Dès qu'ils furent tous partis, Eva tira le verrou de la porte et débrancha le téléphone."

Eva, cinquante ans, épouse depuis vingt-cinq ans de Brian Beaver, docteur en astronomie, et mère dévouée des jumeaux surdoués Brian Junior et Brianne, qui, à dix-sept ans, viennent de quitter le domicile familial pour l'Université, monte dans sa chambre et se met au lit. Elle ignore encore qu'elle va y rester une année entière, bouleversant l'équilibre de sa famille, mais aussi, progressivement, de toute sa petite ville. 

A la maison, la vie s'organise bon gré mal gré autour de sa chambre. 

Pour manger, pour faire sa toilette et pour s'approvisionner, elle compterait sur les autres. Sur qui, précisément, elle l'ignorait, mais elle était persuadée que la plupart des gens sont désireux de se montrer bons et charitables.
Elle savait qu'elle ne s'ennuierait pas - elle serait très occupée à réfléchir.

Si Eva est très vite amenée à perdre ses illusions sur "la plupart des gens", elle ne revient pourtant pas sur sa décision. Autour d'elle gravitent son époux, sa mère et sa belle-mère, mais aussi Peter le laveur de carreaux, Alexander l'homme à la camionnette et ses enfants, Stanley le mutilé de guerre et un nombre croissant de personnes qu'elle n'aurait jamais rencontrées dans son autre vie.

En bas, Brian s'assit au salon. Qu'était-il arrivé à son joli foyer, autrefois si paisible ? Il parcourut la pièce du regard. Les plantes étaient mortes, de même que les fleurs demeurées dans leur vase rempli d'une eau trouble et malodorante. Les lampes ne répandaient plus leur belle lueur dorée, il avait la flemme de les allumer.

Pendant ce temps, à Leeds, Brian Junior et Brianne découvrent la vie étudiante et font connaissance de l'ineffable Poppy qui s'incruste dans leur existence.

Poppy, toujours en petite tenue, suivit Brianne jusqu'à sa chambre. Dans le couloir, elles tombèrent sur Brian Junior qui fermait sa porte à clé. Il regarda Poppy avec de grands yeux, elle fit de même. C'était le plus beau garçon qu'elle avait jamais vu. Levant les bras au-dessus de sa tête, elle prit une pose glamour en espérant que Brian Junior admirerait ses seins, taille de bonnet C.
Il marmonna dans sa barbe, mais assez fort pour être entendu : "Berk."

Les 450 pages de ce roman sont un pur bonheur, de drôlerie, de réflexion aussi, sur le sens de la vie, le rapport aux autres, les rapports parents-enfants, le don de soi, voulu ou subi, l'égoïsme, l'amour, l'amitié...

Je ne peux pas être quelqu'un dont on a besoin. Je te décevrais...

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